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Le numérique : un outil pour le développement durable

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La Poste, le développement durable et l’accessibilité du Web

Toutes celles et tous ceux qui se sont rendus au Salon Planète Durable (du 2 au 5 avril à Paris) ont pu observer la présence du groupe La Poste dont le stand se situait à l’entrée visiteurs. Chacun a ainsi pu constater qu’un des grands panneaux du stand illustrant les axes de la politique de développement durable du groupe La Poste portait sur l’accessibilité de leurs sites Internet. Voici ci-après les photos du stand et de ce panneau intitulé « Comment développer l’égalité des chances ? » (le texte du panneau est rappelé en note 1) :

Stand La Poste au Salon Planète Durable (du 2 au 5 avril 2009, Paris) Panneau sur l'accessibilité des sites Internet (La Poste, Salon Planète Durable)

Ce type de communication par une grande société sur le lien entre numérique et développement durable est appelé à se répéter. Il est par conséquent intéressant d’expliquer la nature de ce lien et pourquoi le numérique accessible y a une place toute particulière.

Le développement durable : d’un concept environnemental à une méthode de prise de décision

Voici la liste chronologique des étapes fondatrices du concept de développement durable (informations extraites de la page sur le développement durable de Wikipédia) :

  • 1968 : création du Club de Rome regroupant des personnalités du monde public, universitaire et industriel concernées par les limites du modèle économique mondial et ses conséquences négatives sur la planète et les populations.
  • 1972 : publication par le Club de Rome du rapport The Limits to Growth connu sous le nom du « Rapport Meadows » (titre en français du rapport : « Halte à la croissance ? Rapport sur les limites de la croissance »). C’est la première étude importante soulignant les dangers écologiques de la croissance économique sur les populations à cause de la pollution, de l’appauvrissement des sols cultivables et de la raréfaction des énergies fossiles. Le rapport crée la polémique par sa principale proposition : la croissance zéro.
  • 1979 : le philosophe Hans Jonas conceptualise la préoccupation environnementale du premier Sommet de la terre (1972) dans son livre « Le Principe responsabilité » : « Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les actions de l’homme pourraient se révéler irréversibles ».
  • 1987 : une définition du développement durable est proposée par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans son rapport « Notre Avenir à Tous » (Rapport Brundtland).

    Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion :

    • le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et
    • l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.
  • 1992 : lors du deuxième Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, le concept de « développement durable » est formalisé dans les 27 principes de la Déclaration de Rio et dans le plan d’action Agenda 21 (40 chapitres et 115 propositions) signé par plus de 150 nations. Sa définition initiale, axée prioritairement sur la préservation de l’environnement et la consommation prudente des ressources naturelles non renouvelables, est modifiée par la définition des trois piliers qui doivent être conciliés dans une perspective de développement durable :
    1. la préservation de l’environnement,
    2. la viabilité économique,
    3. le progrès social.

    Nous retrouvons cette définition du développement durable par ses 3 piliers dans le schéma suivant : Les 3 piliers du développement durable : environnement, économie et social

  • 1997 : lors de la troisième Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, signature du protocole de Kyoto qui vise à limiter l’émission des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Il a été ratifié à ce jour par 172 pays à l’exception notable des États-Unis. Il est entré en vigueur en février 2005 et se termine en 2012.
  • 2005 : la Charte de l’Environnement proclamée en 2004 a été introduite dans la Constitution française en mars 2005. Ce texte énonce dans son article 6 que

    Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social.

Une méthode pragmatique de mise en place d’une politique de développement durable se déduit de l’article 6 de la Charte de l’Environnement : toute décision doit intégrer les impacts en matière environnementale, économique et sociale.

Concernant le numérique, la question de son impact global sur l’environnement est régulièrement débattue. Mais il existe une seconde approche : comment le numérique peut aider (notamment) les entreprises à atteindre leurs objectifs de développement durable.

Le numérique au service du développement durable dans les entreprises

Voici ci-après une liste non exhaustive d’usages numériques entrant dans le champ des actions au service du développement durable (avertissement : l’impact sur le développement durable de chaque usage numérique peut être apprécié différemment selon son utilisation et le mode de calcul local ou global. La liste ci-après ne fait que présenter les usages numériques qui potentiellement peuvent agir positivement) :

  • dématérialisation : le numérique permet d’économiser l’utilisation du papier, son coût de transport et au final le temps de traitement des informations comme la déclaration en ligne des revenus et la facture électronique.
  • aménagement numérique du territoire : l’installation d’accès Internet à haut débit sur la totalité du territoire permet à des zones rurales de conserver une activité économique et donc leur population. Le numérique participe donc à éviter les concentrations urbaines sources de pollution et de pressions sociales.
  • télétravail et visioconférence : conséquence de l’aménagement numérique du territoire, la possibilité est donnée de travailler à distance, c’est à dire en évitant le déplacement par des moyens de transport motorisés qui sont de fait une source de pollution. La visioconférence peut remplacer dans certains cas les réunions physiques.
  • mutualisation et interopérabilité : mutualiser les solutions technologiques (c’est à dire les partager avec d’autres pour éviter que chacun redéveloppe ce qui existe déjà) et les rendre interopérables (c’est à dire leur permettre de fonctionner sur tous les environnements informatiques et non sur un seul) s’inscrivent dans les principes du développement durable.
  • bases de données et indicateurs : pour mesurer la réussite d’une politique, des indicateurs sont nécessaires. En permettant l’archivage des informations, les bases de données permettent leur traitement, ce qui permet d’établir des indicateurs propres au développement durable.
  • accès et partage de l’information : le numérique permet d’accéder à une information qui peut avoir un impact positif sur le développement durable comme le contrôle via le Web de la température de son habitation et les services Web de covoiturage. Ainsi, le numérique rend disponible l’information à tous (mais encore faut-il qu’elle soit codée de manière accessible…).
  • accessibilité numérique : le progrès social est un des 3 piliers du développement durable. La diversité est une véritable source de valeur pour l’entreprise. Mais pour permettre à des personnes handicapées, des personnes seniors ou à des personnes de cultures différentes de pouvoir utiliser le même outil numérique de travail (Intranet, Extranet, Internet), il est nécessaire que celui-ci respecte les règles d’accessibilité du W3C/WAI. D’autres bénéfices de l’accessibilité numérique entrent dans le champ du développement durable : développement d’une seule source numérique, baisse de la bande passante utilisée pour véhiculer les informations électroniques, diminution du temps de recherche d’une information, diminution des travaux de maintenance…

L’analyse de l’impact du numérique sur les politiques de développement durable est amenée à se structurer. La publication récente du Rapport sur les technologies de l’information et le développement durable (11 mars 2009) va d’ailleurs dans ce sens.

 


 

Notes

  • Note 1 : le texte présent sur le panneau « Comment développer l’égalité des chances ? » est le suivant. « En respectant la diversité de nos clients. La Poste renforce l’égalité de ses produits et services. Elle prend en compte les populations fragiles et s’adapte à leurs besoins. En 2012, 100% des sites Internet dédiés à la clientèle seront accessibles « niveau argent » pour les personnes en difficultés visuelles. » (lire la note 2 sur le bénéfice pour tous de l’accessibilité du Web)
  • Note 2 : ayant été responsable du référentiel AccessiWeb utilisé comme référence dans cette communication du groupe La Poste, je dois préciser qu’il permet de rendre accessible le Web à tous et pas uniquement aux personnes déficientes visuelles.

1 commentaire pour : Le numérique : un outil pour le développement durable

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