Handicap cognitif : introduction
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Avertissement : la version originale de ce document est Cognitive disabilities. Cette traduction en français a été réalisée par Ideose dans le cadre d’un accord entre WebAIM et Ideose.
Note : consulter la page Documents sur l’accessibilité du Web pour obtenir la liste de tous les documents déjà traduits. D’autres ressources sur l’accessibilité du Web sont également listées dans le Portail du numérique accessible.
Sommaire
- Vous êtes sur la page Page 1 : Introduction
- Page 2 : Caractéristiques du développement Web
- Page 3 : Comprendre le handicap cognitif par l’exercice
Comprendre le handicap cognitif…
Le concept de handicap cognitif est extrêmement large et pas toujours bien défini. L’idée générale est qu’une personne avec un handicap cognitif a plus de difficultés avec un ou plusieurs types d’activités intellectuelles que la personne lambda. Il y a bien trop de types de handicap cognitif pour les lister tous ici, mais nous verrons quelques-unes des grandes catégories. La plupart des handicaps cognitifs trouvent une explication commune en biologie ou en physiologie de la personne. Le lien entre la biologie d’une personne et les processus mentaux est particulièrement évident dans le cas de traumatismes crâniens et des troubles génétiques, mais même les plus subtiles des handicaps cognitifs sont souvent issus de la structure ou de la chimie du cerveau.
Une personne avec un handicap cognitif profond a besoin d’assistance dans presque tous les aspects de la vie quotidienne. Quelqu’un avec des difficultés mineures d’apprentissage peut vivre de manière correcte malgré le handicap, peut-être même sans que celui-ci ne soit jamais découvert ou diagnostiqué. Certes, les grandes différences entre les capacités mentales des personnes souffrant d’un handicap cognitif compliquent un peu les choses. En fait, nous pouvons raisonnablement soutenir que beaucoup de contenus Web ne peuvent pas être rendus accessibles aux personnes avec un handicap cognitif profond, peu importe les efforts du développeur. Certains contenus seront toujours trop complexes pour certains publics. Cela est inévitable. Cependant, il y a un certain nombre de choses que les développeurs peuvent faire pour accroître l’accessibilité des contenus Web aux personnes ayant des handicaps cognitifs moins sévères.
Le handicap cognitif par la déficience fonctionnelle ou par l’état clinique
Il y a au moins deux façons de classer les handicaps cognitifs : par la déficience fonctionnelle ou par l’état clinique. Les diagnostics cliniques du handicap cognitif concernent l’autisme, le syndrome de Down (trisomie 21), les traumatisme crâniens (TC) et même la démence. Les handicaps cognitifs moins sévères concernent les troubles de l’attention (TA), la dyslexie (difficulté à lire), la dyscalculie (difficulté d’apprentissage des mathématiques) et les difficultés d’apprentissage en général. Les diagnostics cliniques peuvent être utiles du point de vue médical pour le traitement, mais en ce qui concerne l’accessibilité des sites Web, le classement des handicaps cognitifs par l’incapacité fonctionnelle est plus utile. Considérer les déficiences fonctionnelles permet de ne pas se fixer sur les causes médicales ou sur le comportement lié au handicap, mais au contraire cela permet de se concentrer sur les capacités de la personne et ses défis. Les principales catégories des conséquences fonctionnelles du handicap cognitif concernent les déficits ou les difficultés avec :
- la mémoire
- la résolution des problèmes
- l’attention
- la lecture, le langage et la compréhension verbale
- la compréhension des mathématiques
- la compréhension visuelle
La raison principale pour laquelle l’étude des déficiences fonctionnelles est plus utile lors de l’examen de l’accessibilité du Web, c’est qu’elles sont plus directement liées aux préoccupations des développeurs Web. Dire à un développeur que certaines personnes sont autistes n’est pas très utile, sauf si le développeur sait à quels types d’obstacles doit faire face une personne autiste. D’un autre côté, dire à un développeur que certaines personnes ont des difficultés à comprendre les mathématiques lui fournit un cadre pour prendre en considération les besoins de ce type de public.
De plus, les diagnostics cliniques ne sont pas mutuellement exclusifs concernant les difficultés auxquelles doivent faire face les personnes avec handicap cognitif. Il y a souvent un chevauchement des limitations fonctionnelles entre les différents diagnostics cliniques. Une personne ayant des troubles de la mémoire peut aussi avoir des difficultés d’attention ou de résolution de problèmes par exemple. Ce type de chevauchement correspond à un modèle médical, mais il n’est pas particulièrement utile pour les développeurs Web qui ont simplement besoin de savoir ce que la personne peut ou ne peut pas faire.
La mémoire
La mémoire fait référence à la capacité d’une personne de se rappeler ce qu’elle a appris au fil du temps. Un modèle courant pour expliquer la mémoire se décline en mémoire immédiate, en mémoire à court terme et en mémoire à long terme. Une information utile va générallement suivre la chaîne de la mémoire immédiate à la mémoire court terme pour être enregistrée ensuite dans la mémoire à long terme. Certaines personnes avec un handicap cognitif ont des difficultés avec l’un, deux ou trois de ces types de mémoire. Plus le contenu a de sens par rapport aux besoins de l’utilisateur, plus il y a de chances que l’information soit stockée dans le cerveau. Certains utilisateurs peuvent avoir des difficultés de mémoire qui nuisent à leur capacité de se rappeler comment ils sont arrivés au contenu du site Web.
La résolution des problèmes
Certaines personnes souffrant d’un handicap cognitif ont de la difficulté à résoudre les problèmes à mesure qu’ils surviennent. Dans de nombreux cas, leur capacité de résistance peut être faible et la frustration est telle qu’elles choisissent de quitter le site et ne cherchent pas à résoudre le problème. Un exemple de cette situation est la présence d’une erreur 404 à partir d’un mauvais lien ou un lien qui amène à une destination différente de celle où elles pensaient qu’il menait.
L’attention
Il y a beaucoup de personnes qui ont de la difficulté à concentrer leur attention sur la tâche à accomplir. Les distractions telles que le défilement du texte et des icônes qui clignotent peuvent rendre l’environnement Web difficile. Même pour les utilisateurs sans handicap la présence de clignotements et le défilement des articles ou l’apparition de plusieurs fenêtres peuvent être irritant. Une conception de qualité limitera ces cas à ce qui est nécessaire pour transmettre le contenu.
Certaines personnes atteintes de désordre d’hyperactivité de déficit d’attention (ADHD) ont des difficultés d’apprentissage, mais cela est souvent dû à leur distraction plutôt qu’à leur incapacité à traiter l’information. Les personnes atteintes de ADHD peuvent être impulsives, facilement distraites et inattentives. Sur une note plus positive, certaines personnes atteintes de déficits de l’attention sont très créatives et très productives sur de courtes durées. Elles débordent d’énergie et d’enthousiasme. Sur une note moins positive, il peut être difficile pour les personnes atteintes de ADHD de se concentrer sur une tâche sur une longue période de temps. Sur le Web, les bannières publicitaires clignotantes peuvent être gênantes, ainsi que tout ce qui attire l’attention d’une personne hors du contenu principal.
Compréhension de la lecture et de la langue verbale
Certaines personnes ont des difficultés de compréhension des textes. Ces difficultés peuvent être légères ou graves, allant jusqu’à l’incapacité de lire un texte. Il serait déraisonnable de demander aux développeurs Web d’adapter leurs textes à la diversité des besoins de lecture. La différence entre les non lecteurs et les lecteurs de génie est tout simplement trop grande. Cependant, il est raisonnable de demander aux développeurs d’écrire de manière aussi simple et claire que possible, ce qui permet de prendre en compte les besoins du public avec des difficultés sur certains contenus. Après tout, on estime que 15 à 20% de la population a des difficultés de compréhension du langage ou du texte.
Bien que cela soit difficile à vérifier, il est couramment admis que bon nombre de grands leaders et d’intellectuels ont eu des difficultés de lecture et/ou d’orthographe comme Winston Churchill, Thomas Edison, Henry Ford, Albert Einstein, George Washington, John F. Kennedy, Leonardo da Vinci et d’autres. L’idée générale à garder en mémoire est que les auteurs ne peuvent pas savoir si leurs lecteurs ont des difficultés à lire ou pas. Il s’agit d’une information souvent gardée secrète.
Voici un problème de lecture. Noter que cela peut provenir d’un problème de perception ou d’analyse. Vérifier si la solution d’accessibilité proposée vous aide.
Qu’est-il dit dans cette phrase ?
Tob eornot obe
A présent, vérifiez le pouvoir et l’importance des images associées comme moyen pour contextualiser des mots écrits en regardant la page phrase avec une image (en anglais).
Une autre simulation intéressante est la difficulté de lecture et notre résistance à solutionner le problème (consulter la page Jumbled text).
Texte non littéral
Un problème pour certains lecteurs est le texte non littéral, comme le sarcasme, la satire, la parodie, l’allégorie, la métaphore, l’argot et toutes sortes d’idiomatiques. Dans certains cas, les lecteurs ne se rendent pas compte que les mots ne sont pas destinés à être compris littéralement. Un écrivain qui écrit « j’adore être dans les embouteillages quand je suis déjà en retard au travail » veut probablement dire le contraire du sens littéral de cette phrase. Le sarcasme peut ainsi être une source de confusion pour certains lecteurs. De même, quelqu’un qui lit qu’elle doit « mettre ses canards en rang » peut ne pas comprendre que l’auteur ne fait probablement pas référence à de vrais canards. L’auteur laisse entendre que le lecteur doit s’organiser ou se discipliner, en utilisant la comparaison avec une cane (la femelle canard) et ses canetons en rang derrière elle.
Les sous-entendus
Les hypothèses tacites et les non dits peuvent être évidents pour l’auteur, mais les lecteurs peuvent ne pas avoir les connaissances nécessaires pour les comprendre. Certains lecteurs peuvent ne pas avoir les compétences pour déduire tout seul le sens d’un texte.
La compréhension des mathématiques
Les expressions mathématiques ne sont pas toujours faciles à comprendre pour tout le monde. Cela ne signifie pas que les auteurs doivent éviter tout calcul mathématique. Pour les personnes qui sont à l’aise avec la lecture et la pensée mathématique, la meilleure façon d’expliquer les concepts mathématiques est d’utiliser des équations. D’autre part, il est souvent utile d’expliquer conceptuellement les mathématiques avec ou sans formules. Les explications conceptuelles aident les lecteurs à comprendre le raisonnement qui sous-tend le calcul.
La compréhension visuelle
Certaines personnes ont des difficultés à comprendre les informations visuelles. À bien des égards, c’est la situation inverse de la problématique vécue par les personnes avec des difficultés de lecture et d’expression orale. Les personnes avec une difficulté de compréhension visuelle peuvent avoir des difficultés à reconnaître les objets pour ce qu’ils sont. Elles peuvent reconnaître le fait qu’il y a des objets sur une page Web, mais ne pas être en mesure d’identifier ces objets. Par exemple, elles peuvent ne pas savoir que la photographie d’une personne est une représentation de cette personne bien qu’elles puissent clairement voir la photographie (comme un objet) sur la page Web.
Pour ces personnes, une personne se déplaçant et parlant dans une vidéo peut être plus facile à identifier et à comprendre qu’une image statique d’une personne dans une photo. La vidéo et le multimédia, accompagnés d’une narration, peuvent être les meilleurs moyens pour communiquer avec ces personnes.
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